Généralités sur les greffes osseuses en maxillo et chirurgie orale

Comme pour les implants il y a 20 ans, les opinions sur les greffes osseuses ont parfois le trait du dogme ou de la croyance. Les connaissances en anatomie topographique de l’ossature des maxillaires se sont améliorées. Les matériaux de comblement s’intègrent mieux à l’os receveur et l’utilisation des facteurs de croissance issus du plasma, recueillis par une simple prise de sang, a décuplé la capacité d’intégration du greffon (PRF : Plasma Rich Fibrin).

L’os autologue, du patient lui-même, est de moins en moins choisi comme source de greffon, car les suites opératoires peuvent être à l’origine de plus de désagrément que l’intervention de greffe en elle-même.

TABLEAU DÉCRIVANT LES DIFFÉRENTS TYPES DE GREFFONS SELON LEURS ORIGINES

Produits sanguins PRF (plaquettes, concentré leucocytaire et fibrine) et mélange avec poudre d’os allogénique

S’il faut garder en mémoire le primum non nocere dans la pratique des soins, la discussion précédant le choix du matériau devra intégrer la difficulté chirurgicale (nécessité de réussite), les coûts, les risques de transmission d’agents infectieux (fiabilité du fournisseur) et aujourd’hui de plus en plus de considérations mystiques ou religieuses concernant l’origine éventuellement animale des greffons.

En revanche, il y a deux circonstances très risquées à retenir :

  1. Des ATCD (antécédents) de sinusites à répétition pour les greffes du maxillaire supérieur. Un sinus mal ventilé avec infection chronique peut contaminer le greffon. Il faut s’assurer d’une collaboration avec un ORL et qu’un traitement ait été proposé.
  2. des ATCD de douleurs neuropathiques pour les greffes à la mandibule. Ici, les risques sont importants et à parfaitement expliciter. Retourner chirurgicalement poser un implant sur un site présentant une douleur neuropathique peut réactiver les phénomènes douloureux et les rendre très difficiles à contrôler.
  • GREFFE SOUS LES SINUS (SINUS LIFT)

Les techniques de cette intervention se sont considérablement améliorées en 20 ans et elle est devenue très routinière. En revanche, il faut respecter une extrême rigueur d’asepsie chirurgicale et avoir reçu une solide formation.

L’opération consiste à soulever la membrane qui tapisse le sinus pour glisser dessous un matériau pour faire de l’os. Cette augmentation du plancher du sinus va permettre la mise en place d’implants dentaires.

Panoramique dentaire avant et après greffe osseuse d’épaississement du plancher sinusien (« Sinus Lift »)
  • GREFFE EN ONLAY

Il s’agit des greffes faites pour augmenter la hauteur de la « crête » osseuse. Après une avulsion dentaire, l’os, qui n’est plus sollicité par un stimulus mécanique (la mastication), a tendance à se résorber. De haut en bas mais aussi en largeur. Cette vitesse de résorption est variable mais incite les praticiens à proposer la pose d’implants entre 3 mois et 1 an après la perte de la dent.

Cette greffe est difficile car il faut augmenter la hauteur sous la gencive, ce qui met les tissus en tension. Il y a donc un nombre important de lâchage de sutures et de perte partielle du volume de greffe.

De nombreuses techniques existent aujourd’hui qui doivent être adaptées au patient, au secteur opéré et au volume qui doit être ajouté.

Cela va de la plus simple, la technique dite en « tunnel » où la greffe est poussée par un tunnel créé à partir d’une incision à distance à la technique du « coffrage » au cours de laquelle la greffe est modelée dans les limites d’un coffrage fabriqué à partir de matériaux résorbables qui va durcir avant de se résorber en quelques mois. On peut aussi faire fabriquer un greffon sur mesure par système 3D à partir d’un scanner. Le greffon est stérilisé et prêt à être mis en place sur l’os. Il devra être solidarisé à l’os de base par des vis d’ostéosynthèse en titane. Inconvénient, ces vis devront être retirées pour placer le ou les implants.

  • GREFFE ET EXTRACTION DENTAIRE

Cela a été une mode pendant de nombreuses années, il est vrai, poussée par les fournisseurs de produits de remplacement osseux.

Selon nous, ce n’est pas une technique à recommander.

En effet, le site d’une avulsion dentaire est toujours contaminé par des germes et la meilleure technique de nettoyage ne peut garantir leur éviction complète. Il s’en suit alors une séquestration de la greffe dans de la fibrose, dans le meilleur des cas, sinon une infection et la perte de tout le matériau ajouté.

De plus, cette greffe impose une couverture muqueuse, une « fermeture » du site d’extraction parfaitement étanche. Cette fermeture ne peut se faire qu’au prix d’un décollement important des tissus autour du site et donc d’une déformation de l’architecture locale. Ceci peut être très défavorable pour l’environnement de la dent à venir.

Néanmoins il y a de « bonnes » indications que votre praticien vous expliquera en détail en vous donnant les informations et les arguments qui l’auront fait choisir cette technique.