Déchaussement des dents et parodontologie

La parodontologie n’est pas une spécialité reconnue en France par les Ministères ou les Conseils des Ordres des dentistes ou des médecins. Il s’agit donc d’une pratique professionnelle qui est accessible aux praticiens qui ont reçu une formation adéquate, celle-ci pouvant être universitaire ou non. Les formations universitaires étant celles qui bénéficient d’une reconnaissance privilégiée.

Il n’en va pas de même pour d’autres pays, même certains pays européens où cette activité est une spécialité. Reconnue depuis longtemps dans les pays anglo-saxons, l’American Academy of Periodontology a été fondée en 1914…

La parodontologie traite les « dents qui se déchaussent » et leur gencive malade.

Cette capacité à se déchausser est connue depuis la nuit des temps. Les égyptiens du temps des pharaons nous ont laissé des recettes d’onguents à appliquer sur les gencives malades et des ossements avec des ligatures en or pour tenir les dents qui bougeaient. Des personnalités illustres ont souffert de cette maladie, Voltaire, Georges Washington etc… Le scorbut est une sorte de déchaussement des dents provoqué par une carence en vitamine C. Il est impossible pour un résident en France non soumis à des conditions d’extrême précarité de souffrir du scorbut.

On estime que 10 à 15 % de la population souffre de parodontite à degré variable. Il y a des signes précoces (saignements des gencives au brossage, mais ce signe est atténué chez le fumeur) et des signes tardifs (mobilités des dents).

Le diagnostic repose sur l’observation de « poches » qui sont les endroits où la gencive se décolle des dents et doit être confirmé par une radiographie panoramique.

Il y a des formes très précoces chez l’adolescent, mais le plus souvent le diagnostic est posé vers 50-60 ans.

Il y a des formes au caractère familial très marqué et des formes isolées dans une famille. Il y a des parodontites déclenchées ou aggravées par des médicaments (anticancéreux) ou des maladies générales (diabète). MAIS, les deux plus grands facteurs d’aggravation de la maladie parodontale sont (1) le défaut d’hygiène buccale et (2) le tabac.

L’Origine de la maladie

Pour simplifier grandement, cette maladie repose sur 2 conditions :

(1) une propension génétique structurelle de la gencive qui offre moins de résistance biologique et mécanique aux agressions

Et…

(2) une spécificité de la gencive à laisser se développer des bactéries particulières de la famille des anaérobies (ces bactéries qui n’aiment pas l’oxygène) au contraire des bactéries aérobies que l’on trouve « à l’air libre » et que l’on met dans la bouche tout au long de la journée.

Les recherches scientifiques sont nombreuses et très approfondies dans les domaines de la génétique et de la bactériologie mais peinent à apporter au public un traitement radical.

Parodontites et maladies générales :

Dès 2002 la HAS (Haute Autorité de Santé) éditait un volumineux document soulignant les rapports entre les maladies parodontales et certaines maladies générales comme l’endocardite infectieuse, la maladie coronaire, l’accident vasculaire cérébral, l’accouchement prématuré, les infections pulmonaires et sinusiennes :

has-sante.fr (parodontopathies recos)

Il est donc particulièrement recommandé de demander un bilan parodontal à son dentist traitant en cas de découverte de ces maladies mais aussi le diabète et certains cancers digestifs. Pour en savoir plus nous recommandons ces liens avec la Société Française de Parodontologie et le service de parodontologie du CHU de Liège.

sfpio.com

parochu.be (maladie parodontale)

Le traitement

Compte tenu de ce que l’on sait le traitement va reposer d’abord sur la prévention (hygiène buccale, détartrages réguliers) et élimination des causes aggravantes comme le tabac et sur les deux origines de la maladie : la faiblesse de la gencive et la présence en quantité et qualité anormale de bactéries anaérobies.

Il n’y a pas de médicament pour corriger cette affection. Certains médicaments apportent un soutien et vous seront proposés par les praticiens. La lutte contre les bactéries reposera sur l’élimination de la plaque dentaire et l’usage de bicarbonate en poudre et d’eau oxygénée selon les modalités prescrites.

Quand la maladie aura évolué trop longtemps, on observera des pertes osseuses et de gencive. Il peut être nécessaire, après une préparation minutieuse, de pratiquer des interventions (lambeaux) pour assainir ou reconstruire les gencives.

Il s’agit d’un traitement long car c’est une maladie chronique. Il peut y avoir de nombreuses séances mais celles-ci seront souvent séparées par des périodes de cicatrisation pour évaluer la capacité propre du sujet à réparer ses propres tissus. En fin de traitement, une « maintenance » doit être proposée, c’est-à-dire un programme permettant de s’assurer de l’absence de rechute.

Avec les années de connaissance accumulées et les techniques modernes, ces traitements ne sont plus douloureux comme dans les années 80-90 et les taux de « guérison » très nombreux, si l’on peut parler de guérison pour une maladie chronique…

Compte tenu du caractère souvent familial de la maladie il vous sera suggéré des mesures de prévention pour vos proches. En aucune manière cette maladie n’est contagieuse.

Avec tout ce qui est dit, on doit comprendre la nécessité d’une bonne santé parodontale lorsqu’on entreprend ou lorsque l’on a bénéficié de traitements dentaires sophistiqués comme l’orthodontie, les couronnes et bridges et l’implantologie.

Coûts et remboursements

L’assurance maladie a inscrit à la nomenclature certains actes remboursables dans le cadre du traitement des maladies parodontales. C’est peu de chose mais permettra aux mutuelles d’intervenir.

Certaines mutuelles, conscientes qu’un patient atteint de maladie parodontale peut perdre ses dents et avoir besoin de prothèse dentaire, offrent un forfait annuel pour le traitement de cette affection.

Le traitement nécessitant de longues séances a un coût plus élevé que la base sécu, et une partie non prise en charge. Un devis est, là encore, indispensable.